Les cimetières ne sont pas des établissements religieux en Suisse, mais des établissements d'État. C'est ce qu'a rappelé le comité qui a lancé le référendum contre la création d'un carré musulman à Weinfelden, dans le canton de Thurgovie. On ne doit favoriser aucune religion en particulier.
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La majorité des électeurs a suivi cet argument et a rejeté le carré funéraire exclusif. Bien que les médias aient beaucoup œuvré en sa faveur.
En premier lieu, Radio SRF. Dans une émission consacrée au vote dans « Echo der Zeit », la présentatrice affirmait qu'il ne s'agissait « plus du tout du carré funéraire en soi », mais de « xénophobie ». Elle n'a pas révélé comment elle était arrivée à cette conclusion.
Le reportage critiquait également les deux conseillers nationaux UDC Pascal Schmid et Manuel Strupler. Ils profiteraient des urnes pour faire de la publicité pour la politique migratoire de leur parti. Le fait que les deux soient directement concernés en tant qu'habitants de Weinfelden a été omis.
SRF aurait, avec cette émission, « influencé la formation d'opinion de manière inadmissible », juge désormais le bureau du médiateur de la SRG. Les accusations ne sont « nullement fondées », indique la déclaration.
De plus, le véritable contexte du référendum, à savoir le maintien de l'ordre laïque dans les cimetières, n'a pratiquement pas été mentionné. Et Schmid et Strupler n'ont pas eu la possibilité de réagir à l'allégation diffusée dans l'émission.
Dans une réaction à la réprimande adressée à Radio SRF, le comité référendaire se félicite. Il n'a jamais été question d'exclusion des musulmans.