L'interception de la flottille de Gaza par la marine israélienne a déclenché en Europe une vague de protestation énorme. Ce que les juristes internationaux considèrent comme une mesure de sécurité légitime est compris dans les rues de Genève, Berne, Milan, Berlin, Londres ou Madrid comme une attaque brutale contre la conscience humanitaire de l'Europe.
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Les images de ces manifestations montrent des banderoles, drapeaux et slogans qui stigmatisent la politique de blocus d'Israël comme une « punition collective ». Pour beaucoup, l'interception des navires n'est pas seulement une question de morale, mais aussi une question de droit. En vertu de la Convention de Genève, la puissance occupante est obligée de garantir l'approvisionnement de la population civile et d'autoriser les livraisons d'aide.
Cependant, selon le droit international, l'interception de la flottille était tout à fait en ordre. Cela ne représente pas seulement l'opinion de Jérusalem, mais aussi celle de juristes internationaux européens. Premièrement, Israël, en tant que puissance occupante, est responsable de la sécurité dans la bande de Gaza et est donc tenu de protéger les civils des dangers de Gaza. Permettre le passage incontrôlé de la flottille n'aurait pas seulement mené les participants dans une zone de guerre mais aurait également accru le risque de livraisons d'armes clandestines.
Deuxièmement, selon le droit international, Israël est seulement obligé de permettre l'aide humanitaire de la part d'organisations internationales reconnues. Ce critère n'est pas respecté par la flotte d'aide, composée de groupes hétéroclites de différents pays. Plus encore: elle est supposée proche du Hamas et peut-être même organisée par lui. L'offre alternative d'Israël de transporter les marchandises via le port d'Ashdod jusqu'à Gaza a été rejetée par les organisateurs: il n'a jamais été question d'une véritable aide de la part des sympathisants de Gaza, mais exclusivement de provocation.
Troisièmement, la marine israélienne, qui a intercepté les quelque 40 navires et 400 activistes, était bien préparée à l'opération « empêchement de continuer vers Gaza ». Il n'y a donc eu aucun blessé. Les personnes interpellées ont été soit incitées à partir, soit temporairement détenues, sous l'observation de délégations internationales ou nationales.
L'épisode de la flottille montre clairement: Gaza n'est plus seulement un champ de bataille militaire, mais un symbole pour la question de savoir si la sécurité et le droit international priment en cas de conflit, ou si l'Europe s'oriente vers un impératif moral qui va au-delà du droit.
Comment expliquer autrement qu'aucune flottille n'a navigué vers les côtes du Yémen ou du Soudan, bien que la faim, la misère et la guerre y sévissent depuis plus de dix ans? Mais manifestement, ces tragédies ne permettent pas de déployer une lueur de RP morale (et hypocrite).
En d'autres termes: Greta et ses amis privilégiés ne pourraient-ils pas naviguer là-bas à la place?