Le président de la Cour fédérale des comptes, Kay Scheller, critique la politique budgétaire du gouvernement fédéral et met en garde contre une forte hausse de l’endettement. «L’endettement augmente de manière exponentielle», déclare Scheller à la Süddeutsche Zeitung.
Scheller voit un problème central dans la gestion du fonds spécial de 500 milliards d’euros pour les infrastructures et le climat. Une grande partie des moyens est utilisée pour combler des trous budgétaires. «Nous voyons ici une sorte de gare de triage budgétaire», explique-t-il. Les principaux instituts économiques partent du principe que 80 à 90 % des fonds seraient détournés de leur objet.
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Scheller observe des évolutions similaires dans le programme de 100 milliards pour les Länder. «Là, on a complètement renoncé au principe d’additionnalité», dit-il. Il existe un risque que les fonds soient utilisés pour des programmes existants ou pour la consommation, au lieu de financer de nouveaux investissements.
Scheller critique en outre la structure du budget fédéral. Environ 90 % des moyens sont fermement engagés, seulement quelque 10 % sont utilisables de manière flexible. Une grande partie des dépenses concerne les intérêts, la défense et les retraites. Cela limite fortement la marge de manœuvre et conduit à ce que, en période de crise, on contracte souvent de nouvelles dettes.
Le chef d’autorité sortant réclame en outre une action plus conséquente contre la fraude fiscale, le travail au noir et le blanchiment d’argent. Selon les estimations du gouvernement fédéral, jusqu’à 100 milliards d’euros par an passeraient inaperçus rien que pour le blanchiment d’argent.