« L'homme ne joue que là où il est humain au plein sens du terme, et il n'est entièrement humain que là où il joue » – dit Schiller. Consultez « L'éducation esthétique de l'homme ».
L'idée centrale de Schiller : L'homme est coincé entre la nature et la raison. Les deux le rendent non libre. La nature contraint l'homme à la causalité. La raison à ce qui est prétendument raisonnable. C'est seulement dans le jeu que l'homme est lui-même.
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L'espace de jeu, le terrain de jeu, est apparu logiquement dans un lieu où les contraintes extérieures et intérieures sont gravées dans la pierre : la grande ville moderne. Ici, il n'y avait plus d'espaces pour être entièrement humain. Il fallait obéir aux contraintes extérieures et intérieures.
Ainsi, à partir du milieu du XIXe siècle, les réformateurs sociaux ont créé des terrains de jeux. Ici, au moins, les enfants devraient pouvoir se perdre entièrement dans le jeu. Ici, les enfants devraient être entièrement humains. Et en passant, faire quelque chose pour leur santé.
Mais les enfants ne doivent plus être humains, mais des masses manipulables sociopolitiquement. Idéologiquement façonnés et mis en ligne avec une vision du monde. C'est pourquoi il faut les endoctriner à temps. Avec les matériels de jeu ou les manuels scolaires correspondants.
La dernière mesure politico-pédagogique vient maintenant de Cologne : le terme « terrain de jeu » n'est plus d'actualité, dit-on là-bas. Il faut tenir compte d'une « idée d'inclusion élargie », qui inclut des utilisateurs de différents âges, de différents parcours culturels et avec des handicaps.
Ainsi, le terrain de jeu à Cologne ne s'appelle plus terrain de jeu, mais « espaces de jeu, de mouvement et d'action ». C'est une expression comme sortie de la novlangue d'Orwell. Le jeu ne pose plus de questions, mais devient une formation idéologique. L'homme ne peut pas simplement être un homme. Il est remplacé par des marionnettes politiques.