La politique climatique suisse produit régulièrement de nouveaux projets. À peine un débat est-il clos que le suivant commence. À partir de fin avril, l’organisation environnementale Umverkehr recueillera des signatures pour une nouvelle initiative. Elle réclame une taxe sur les billets d’avion. Les recettes devraient en grande partie être redistribuées à la population tout en renforçant les transports publics.
Quelle: Youtube.
La coprésidente d’Umverkehr est la conseillère nationale verte saint-galloise Franziska Ryser. L’organisation est bien connectée politiquement et compte, selon ses propres indications, environ 65 000 soutiens.
Un regard dans le bulletin interne de l’association montre toutefois quelles idées circulent dans ces milieux. Dans le journal «umverkehRen – Zeitschrift für eine zukunftsfähige Mobilität», le doctorant Antoine Dubiau de l’Université de Genève se voit offrir une tribune. Sous le titre «Voiture et extrême droite», l’assistant à la haute école affirme que la voiture représente «le pouvoir, la vitesse et la maîtrise de l’espace» ainsi qu’une «liberté individuelle, compétitive, souvent masculine». Cette attitude constituerait la base de «discours réactionnaires» et du rejet de la régulation étatique. La «défense de ce mode de vie» ferait partie de la rhétorique de l’extrême droite.

En résumé: quiconque aime conduire une voiture se situe idéologiquement dans le camp de l’extrême droite.
On pourrait balayer de telles thèses comme des élucubrations académiques. Mais lorsqu’une organisation politiquement connectée offre une scène à de telles idées tout en lançant des initiatives populaires, cela en dit long sur l’état du débat.
La politique des transports se transforme de plus en plus en un combat culturel moral – avec la voiture comme ennemi juré.