C'est encore une fois typiquement romand: la NZZ am Sonntag a rapporté ce week-end que la Suisse romande est moins rigoureuse que la Suisse alémanique en matière d'expulsion des étrangers criminels. Le journal s'appuie sur des informations du Secrétariat d'État aux migrations (SEM). Notamment, les cantons de Neuchâtel, Vaud ou Genève sont clairement en dessous de la moyenne suisse.
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Ce sont ces cantons qui ont rejeté l'initiative pour l'expulsion des étrangers criminels en 2010. À l'échelon national, la proposition a été acceptée avec près de 53 % des voix.
Il se peut que les cantons romands se sentent moins obligés de respecter cet article constitutionnel en raison de leur résistance il y a 15 ans. Mais ce n'est pas seulement ici que la négligence romande est particulièrement florissante.
En matière d'expulsion des demandeurs d'asile déboutés, le canton de Vaud a, par exemple, une mauvaise réputation, car il est un peu trop indulgent et laxiste dans l'exécution de l'ordonnance de renvoi des demandeurs d'asile. Par le passé, cela a suscité des critiques à plusieurs reprises.
Cette indulgence n'est pas allée de bon gré au canton. Ces derniers jours, on a appris que 41 personnes originaires d'Érythrée, d'Afghanistan et de Somalie ont trompé l'aide sociale de 1,9 million de francs avec l'aide de Suisses.
La fraude à l'aide sociale est explicitement définie comme un délit dans l'initiative d'expulsion de l'UDC, qui doit entraîner l'expulsion des auteurs. Nous sommes curieux de voir comment le canton de Vaud traitera ces personnes.