Plusieurs cantons débattent de la possibilité d’obliger les restaurants et autres établissements de restauration à accepter les paiements en espèces. Comme le rapporte l’Aargauer Zeitung, l’initiative nationale «L’argent liquide, c’est la liberté» a avant tout un caractère symbolique. Des interventions cantonales donnent lieu à des débats politiques concrets.
Gaetan Bally/Keystone
En Argovie, des membres du Grand Conseil du Centre et de l’UDC demandent de compléter la loi sur la restauration par une obligation d’accepter les paiements en espèces. Au Grand Conseil bernois, une alliance allant des Vert’libéraux à l’UDC a déposé une intervention similaire. Au Conseil cantonal zurichois, une motion est en suspens qui veut obliger la communauté de transports publics zurichoise à accepter l’argent liquide.
Le canton de Genève va le plus loin. En octobre, le parlement y a décidé que les établissements de restauration doivent accepter l’argent liquide et d’autres moyens de paiement usuels. En cas d’infraction, des amendes sont prévues. Le déclencheur a été des cas où l’argent liquide n’était pas accepté sur les marchés de Noël ou au Stade de Genève.
Les exploitants du «Ruby Claire Hôtel & Bar» ont déposé un recours contre la loi auprès de la Cour constitutionnelle genevoise. Ils y voient notamment un risque pour la sécurité des employés ainsi qu’une atteinte à la liberté économique.
Gastrosuisse rejette une obligation d’accepter les paiements en espèces. Le responsable de la communication, Patrik Hasler-Olbrych, a déclaré: «Il relève de la liberté entrepreneuriale qu’une entreprise puisse décider elle-même quels moyens de paiement elle accepte.» De telles prescriptions entraîneraient un traitement inégal d’un secteur.