La Suisse a voté en 2020 sur l'achat du F-35 et a décidé, même de justesse, d'acquérir de nouveaux avions de combat. Mais depuis qu'il a été révélé que ces avions pourraient coûter jusqu'à 1,3 milliard de plus que les 6 milliards de francs initialement prévus, les opposants aux chasseurs agissent comme si cet achat pouvait encore être arrêté.
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Dans le dernier Sonntagszeitung, on pouvait lire qu'un expert en stratégie du nom de Mauro Mantovani avait proposé une suggestion non conventionnelle. Il a déclaré à ce média ce qui suit: «À mon avis, la Suisse devrait confier la défense de son espace aérien à la France. Les Français pourraient, à partir de 2032, lorsque les F/A-18 de l'armée de l'air suisse arriveront en fin de vie, mettre en place un bouclier temporaire. Cela nous donnerait l'occasion de réfléchir intensément à la question de savoir si l'autonomie en matière de défense nationale est encore sensée», selon la proposition de Mantovani.
La suggestion n'est pas tout à fait nouvelle. Déjà avant l'échec de l'acquisition du Gripen suédois, la question de savoir si nous voulions assurer la surveillance de notre espace aérien en collaboration avec les pays voisins s'était posée dans le débat des opinions. Le vert-libéral argovien Beat Flach a également utilisé la discussion sur l'acquisition du F-35 pour des réflexions similaires.
Nous maintenons nos distances avec l'UE, une adhésion est rejetée par une écrasante majorité des électeurs. Nous ne sommes pas non plus prêts à nous rapprocher institutionnellement de Bruxelles, mais nous devrions alors laisser un pays de l'UE surveiller notre espace aérien.
La surveillance aérienne est une tâche de base de l'État, que nous ne pouvons pas déléguer à des tiers. Cela touche à des questions fondamentales de notre souveraineté et de notre neutralité. Cette dernière, nous ne pouvons la défendre de manière crédible que si nous disposons de nos propres forces armées. Cela inclut également une force aérienne.
Il est tout simplement insupportable de voir comment les opposants aux chasseurs tentent de renverser la décision populaire. C'est cela qui est antidémocratique, et non le surcoût du nouvel avion de combat, comme des politiciens de gauche tels que Fabian Molina du PS veulent nous le faire croire.
La décision d'achat d'un nouvel avion est prise. D'ici fin 2024, nous avons déjà versé 870 millions de francs au gouvernement américain à cet effet. D'ici fin 2025, environ un milliard de francs devraient être payés. Une résiliation du contrat aurait des conséquences graves et ternirait nos relations avec les États-Unis pour des années à venir. C'est la réalité.