Il semblait totalement convaincu de ce qu’il venait de dire. Le conseiller fédéral Beat Jans a affirmé dans l’émission «Arena» sur la SRF, avant la votation sur la carte d’identité électronique, que le numéro AVS figurait également sur la carte d’identité en plastique. Par conséquent, la crainte de possibles fuites de données serait infondée.
Un coup d’œil à la carte d’identité dans le porte-monnaie montre rapidement: il n’y a aucune trace du numéro AVS. L’affirmation était une pure invention. Le modérateur Sandro Brotz n’a pas corrigé Jans, et plus tard non plus la SRF n’a rectifié cette fausse information.
Une plainte a ensuite été déposée auprès de l’Autorité indépendante d’examen des plaintes en matière de radio-télévision (AIEP), signalant cette erreur. Mais l’AIEP a rejeté la plainte.
Il s’agissait certes bel et bien d’une fausse information, et le fait qu’elle soit passée sans correction constituait un «manquement clair au devoir de diligence journalistique». Toutefois, il ne s’agissait que d’un passage très court de l’émission. Ainsi, la formation de l’opinion du public «n’a pas été manipulée».
Le message de cette décision est clair. Tant que les conseillers fédéraux restent brefs, ils peuvent raconter des absurdités sans être inquiétés. Et la SRF n’est pas obligée de publier une rectification lorsqu’il ne s’agit que de quelques phrases.
Peut-être cela permet-il d’expliquer a posteriori pourquoi l’ancien conseiller fédéral Alain Berset a pu affirmer sur la SRF, sans conséquences, qu’avec le certificat Covid on pouvait prouver que l’on n’était «pas contagieux». Ce mensonge éhonté n’avait, après tout, duré que quelques secondes.
Logiquement, les directives de la SRF devraient être adaptées à cette décision de l’AIEP. L’obligation d’informer correctement ne s’applique qu’à partir d’un certain nombre de secondes. Tout ce qui est en dessous peut apparemment être tranquillement faux.