Après l'amende record de 120 millions d'euros infligée à la plateforme X pour des violations présumées du Digital Services Act (DSA), la Commission européenne est confrontée à une opposition venant des États-Unis. Le projet de loi américain « Granite Act » pourrait pour la première fois permettre de poursuites civiles aux États-Unis contre des acteurs européens de la censure - autorités et individus - rapporte le portail Tichys Einblick.
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La sanction imposée par Bruxelles à l'encontre de la plateforme X d'Elon Musk pour des déficits de transparence présumés est la cause de ces tensions. La Commission parle d'une « percée pour le DSA », tandis que les critiques y voient une attaque politiquement motivée contre la liberté d'expression. Elon Musk a qualifié les responsables de « commissaires Stasi éveillés » et a annoncé son intention de publier leurs noms.
La réaction à Washington ne s'est pas fait attendre. Des représentants de haut rang de l'administration Trump considèrent cette mesure comme une attaque contre la liberté d'expression américaine et annoncent des « actions réactives ». Au cœur de ces actions se trouve le projet Granite Act, dont l'acronyme signifie: « Guaranteeing Rights Against Novel International Tyranny & Extortion ».
La loi envisagée, déjà introduite dans plusieurs États américains, vise à contrer juridiquement les tentatives étrangères de sanctionner les plateformes ou citoyens américains pour leurs discours. À l'avenir, des poursuites contre des actes de censure étrangers pourraient être intentées devant les tribunaux américains, avec des dommages-intérêts punitifs d'un montant multiple des amendes infligées. L'immunité étatique serait également levée pour ces cas. Les actifs des autorités européennes aux États-Unis pourraient être confisqués.
Particulièrement dans le collimateur: l'architecture complexe de censure de l'UE et de l'Allemagne, qui selon les recherches de la plateforme Liber-Net s'appuierait sur plus de 330 acteurs - des ONG aux instituts semi-publics, en passant par les vérificateurs de faits financés par des fonds publics. L'Allemagne à elle seule devrait consacrer environ 1,5 milliard d'euros par an à ces structures.