Plus de soixante-dix experts en droit international demandent au gouvernement fédéral d'appliquer systématiquement un éventuel mandat d'arrêt contre le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu. Dans une déclaration commune, ils avertissent que l'Allemagne ne doit pas ignorer ses obligations en matière de droit international, en particulier en accordant l'immunité à Netanyahu.
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Le motif est l'invitation de Netanyahu par le chef de la CDU, Friedrich Merz. Le probable futur chancelier avait déclaré que l'on « trouverait des moyens et des voies » pour permettre l'entrée et la sortie de Netanyahu malgré le mandat d'arrêt de la Cour pénale internationale. Les juristes critiquent vivement cela : une telle assurance violerait le droit allemand et international.
Parmi les signataires figurent des experts de haut rang tels que l'ancien juge de la Cour constitutionnelle fédérale Andreas Paulus et l'ancien juge de la CPI Bruno Simma. Ils soulignent : « Cela vaut surtout pour l'Allemagne. » La légitimité de la République fédérale repose notamment sur l'engagement à respecter et protéger le droit international, surtout à la lumière de l'histoire allemande.
En outre, ils critiquent la gestion de la Rapporteuse spéciale de l'ONU, Francesca Albanese, dont les apparitions dans des universités allemandes avaient été annulées. Cela constituerait une possible violation de la liberté d'expression et de la liberté académique. En tant que membre de l'ONU, l'Allemagne est obligée de respecter les institutions internationales.