Tout le monde faisant l'objet d'une enquête n'est pas placé en détention provisoire en Suisse. Outre des soupçons sérieux, il faut au moins un motif spécifique de détention. Parmi ceux-ci figurent le risque de fuite, le risque de dissimulation et le risque de récidive. En outre, la mesure doit être « proportionnelle ».
Dans le cas de la catastrophe incendiaire, une enquête est en cours contre le couple exploitant du bar concerné « Le Constellation ». L'enquête porte sur une « négligence ».
Toutefois, la justice valaisanne renonce à placer le couple en détention provisoire. Selon la procureure générale, il n'existe pas de risque de fuite ou de dissimulation.
Il est effectivement peu probable que les exploitants du lieu, à qui la présomption d'innocence s'applique, envisagent de répéter ce qui s'est passé là-bas. Mais en tant que citoyens français, une fuite vers des rivages sûrs ne serait pas particulièrement difficile pour eux. De plus, le mari du couple a plusieurs condamnations antérieures, ce qui aggraverait sa situation en cas de condamnation.
Il n'est pas exclu non plus qu'il existe des indices possibles de méfaits autour du bar qui puissent être écartés. Après tout, il a été manifestement - bien que sans succès - essayé de faire disparaître des traces numériques concernant les travaux de rénovation dans le lieu peu après la catastrophe.
Il se peut que des clarifications juridiques, inconnues du public, aient effectivement conduit à la conclusion que les conditions pouvant mener à une détention provisoire ne sont pas réunies ici.
Mais pour le citoyen moyen, compte tenu de l'ampleur de la tragédie, le critère appliqué ici est difficile à comprendre.