La Commission de politique extérieure du Conseil national (CPE-N) a rejeté l’initiative sur la neutralité après des mois de va-et-vient. Elle ne veut pas non plus de contre-projet.
Cela n’a rien de surprenant. Certains des arguments avancés pour justifier ce non donnent toutefois à réfléchir.
Ainsi, la majorité de la commission explique que la définition rigide de la neutralité contenue dans le texte de l’initiative restreindrait inutilement la marge de manœuvre de la Suisse en matière de politique étrangère, précisément au vu de la situation mondiale actuelle, marquée par l’incertitude. Elle se dit convaincue que la population, face aux défis géopolitiques de notre époque, soutient une interprétation pragmatique et flexible de la neutralité.
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Pour reprendre les mots du conseiller aux États zurichois du PS Daniel Jositsch: « La neutralité n’est pas un instrument malléable que l’on peut adapter à sa guise. »
Ce dont nous avons besoin en matière de politique de neutralité, c’est d’une ligne claire, et non d’une neutralité en caoutchouc que l’on peut tordre comme bon nous semble. N’est-ce pas précisément cette attitude qui nous a mis dans de beaux draps dans la guerre en Ukraine? Dans une obéissance quasi aveugle envers l’UE et les États-Unis, nous avons pris parti pour l’Ukraine en reprenant les sanctions contre la Russie et avons ainsi porté atteinte à notre neutralité.
Le fait est que nous ne pouvons préserver notre marge de manœuvre diplomatique que si nous restons crédibles en tant que petit État neutre.
L’initiative sur la neutralité montre ici une voie praticable.