La Commission de l’environnement, de l’aménagement du territoire et de l’énergie du Conseil national a accepté une initiative parlementaire visant à réduire les salaires à plusieurs millions des dirigeants des entreprises électriques publiques. L’initiative déposée par le conseiller national Rémy Wyssmann (UDC) («Pas de rémunérations excessives pour les organes dirigeants des fournisseurs d’électricité et des exploitants de réseau publics au détriment de la population et de l’économie») exige que les salaires des membres de la direction d’Axpo, BKW & Co. ne puissent pas dépasser un certain plafond fixé par le Conseil fédéral. Le salaire d’un tel membre de la direction ou du conseil d’administration ne doit en aucun cas excéder le salaire brut d’un conseiller fédéral.
Dans la motivation de l’initiative parlementaire, il est indiqué que, par exemple, les dirigeants d’Axpo se sont versé des bonus record, alors même qu’Axpo avait encore dû être soutenue à l’automne 2022 par un dispositif de sauvetage public de plusieurs milliards. «Le CEO d’Axpo a pu augmenter son salaire de 1,1 à 1,8 million de francs. Chez BKW, la rémunération de la CEO a déjà franchi en 2022 le seuil des 2 millions de francs.»
Pour justifier cette évolution, on affirme que l’on s’aligne sur les salaires des dirigeants de groupes industriels comparables. Cet argumentaire méconnaît «que les fournisseurs d’électricité et les exploitants de réseau sont contrôlés par l’État, que leurs bénéfices sont reversés aux pouvoirs publics, que le marché de l’électricité est largement réglementé et monopolisé par l’État et que les entreprises publiques sont soutenues par les pouvoirs publics en cas de difficultés». Le risque entrepreneurial repose donc sur le contribuable, et non sur les entreprises publiques, et encore moins sur leurs organes.
Cette limitation vise notamment à éviter «les incitations erronées à la maximisation des prix de l’électricité au détriment de la population et de l’économie».
Dans des cantons comme Argovie ou Zurich, les salaires exorbitants des barons publics de l’électricité étaient déjà devenus un sujet politique. Désormais, les critiques reçoivent aussi un soutien en provenance de Berne.