Alors que la gauche, avec les partis du centre de l’échiquier politique, veut faire venir toujours plus d’étrangers dans le pays, le PS et les Verts s’efforcent en particulier de leur accorder aussi rapidement que possible la nationalité suisse. Actuellement, un nouveau projet de naturalisation est en cours de traitement politique afin de permettre aux migrants d’être naturalisés plus rapidement. Si tout se déroule comme prévu, nous voterons à ce sujet à la fin de l’année.
Peter Klaunzer/Keystone
Mais le journal syndical «Work» fait déjà activement de la propagande en faveur de ce projet avec la présidente des Verts, Lisa Mazzone. Le texte s’intitule initiative populaire «Pour un droit de cité moderne» ou «initiative pour la démocratie». Par celle-ci, une soi-disant «alliance de la société civile Aktion Vierviertel», le PS et les Verts entendent simplifier de manière rigoureuse la procédure de naturalisation suisse existante. Les étrangers vivant en Suisse devraient avoir la possibilité d’être naturalisés après cinq ans déjà, au lieu de dix ans jusqu’à présent. Les exigences en matière de compétences linguistiques doivent être réduites. Ainsi, des connaissances de base dans l’une de nos quatre langues nationales suffiraient déjà pour obtenir le passeport rouge.
«Work» s’appuie pour cela sur une étude lancée par la présidente des Verts, Lisa Mazzone. Selon celle-ci, la naturalisation deviendrait de plus en plus un privilège réservé aux personnes bien rémunérées et bien formées. En outre, elle serait perçue comme compliquée et éprouvante.
Une fois de plus, la gauche ressort donc son vieux disque de la naturalisation facilitée. Déjà en septembre 2004, le peuple suisse avait rejeté deux propositions concernant les étrangers de la deuxième génération ainsi que la naturalisation automatique de la troisième génération. En 2017, l’arrêté fédéral sur la naturalisation facilitée de la troisième génération a été accepté par le peuple et les cantons. Il s’agissait là de la partie incontestée du projet avorté de 2004.
Avec la nouvelle initiative, on tente maintenant de faire passer aussi la deuxième partie, plus problématique. On affirme ainsi que trop peu de passeports rouges seraient délivrés chaque année – ces dernières années, ils étaient environ 40 000. Les initiants veulent donc privilégier la quantité au détriment de la qualité, ce qui ne peut pas être dans l’intérêt du pays. Personne n’est opposé à la naturalisation des étrangers. Mais la nationalité suisse n’est malgré tout pas gratuite.
Oui, c’est vrai, nous avons une procédure stricte. Le taux de naturalisation de notre pays est néanmoins plus élevé que celui de l’Allemagne et de l’Autriche. Lorsque les initiants se plaignent que la Suisse se trouve, en matière de naturalisations, par exemple très loin derrière la Suède, cela montre en réalité seulement qu’ils sont complètement à côté de la plaque.
Ce pays d’Europe du Nord est l’exemple type de la manière dont une politique migratoire libérale mène directement au chaos. La Suède souffre aujourd’hui de guerres de gangs et de sociétés parallèles. Depuis longtemps, elle a tourné le dos à l’ancienne culture de bienvenue et, ces derniers temps, elle a également durci massivement les règles de naturalisation afin de revaloriser la citoyenneté. Outre une obligation de résidence plus longue (8 ans), des tests de langue et des connaissances sur la société suédoise doivent devenir obligatoires.
Nous ne devrions pas répéter les mêmes erreurs que les Suédois par le passé.