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Une déclaration de l'ancien conseiller fédéral Ueli Maurer a fait grand bruit. De nombreux médias en ont parlé. La toute nouvelle co-présidente du parti FDP, Susanne Vincenz-Stauffacher, a été entraînée dans un discours incendiaire. Il y a même eu une plainte pénale contre l'interviewé. Que s'est-il passé? Dans le podcast « Impulsion de liberté » j'ai discuté avec Ueli Maurer du nouvel accord-cadre de l'UE et du fait que certains cercles ne veulent pas soumettre ce vote crucial et transformateur pour la Suisse à la majorité des cantons, mettant ainsi en danger la cohésion interne de la Suisse. Si Berne décide effectivement de prendre cette décision contraire à la constitution, en excluant les cantons de ce vote monumental et en suspendant ainsi l'ordre fondamental historique de la Suisse, des questions se posent. Lors de notre discussion, je voulais savoir, d'après Ueli Maurer, s'il n'était pas temps pour les cantons éloignés de fonder une nouvelle confédération libre pour faire table rase du tsunami de régulations toxiques venu de Berne et de Bruxelles. En même temps, l'indépendance pourrait être maintenue de cette manière. Les cantons qui souhaitent se soumettre à la législation européenne et dire adieu à la liberté sont libres de continuer sur cette voie sans entrave. Ceux qui veulent continuer sur le chemin du fédéralisme, de la liberté et de l'autodétermination peuvent également le faire. Chacun fait ce qu'il considère comme le mieux, sans imposer aux autres ce qu'ils doivent faire. C'est comme dans une relation qui dure depuis longtemps, où l'on finit par s'écarter trop l'un de l'autre. Pour le bien-être de toutes les parties concernées, on pourrait ainsi, à l'avenir, aller paisiblement chacun de son côté, au lieu de se battre constamment à cause des différends internes sur l'orientation du partenariat. On pourrait même revenir à la raison et rester liés amicalement, en concluant des accords de libre-échange et d'autres accords utiles. Ueli Maurer s'est montré fasciné par l'idée dans le podcast, ce qui a provoqué l'effroi chez ceux qui cherchent à sacrifier la Suisse d'aujourd'hui à l'UE, et a révélé leur intolérance en tant que centralistes. Ils tentent de créer un climat de peur et de réduire au silence les personnes concernées par des plaintes pénales. L'idée de fonder une nouvelle confédération libre serait « anti-suisse », affirment-ils. Pourtant, ils se trompent lourdement. Contrairement à de nombreux pays qui disposent d'une base de pouvoir centralisée, la Suisse est historiquement un exemple parfait de fédéralisme, un système décentralisé où l'octroi de pouvoir aux politiciens vient d'en bas et non d'en haut. Avec leur attaque contre le fédéralisme, avec leur tentative de démolir la majorité des cantons et donc l'ADN de la Suisse, et aussi de sacrifier l'indépendance et la neutralité constitutionnellement ancrées, l'accusation d'être « anti-suisse » leur revient en boomerang. Que dit le droit international à ce sujet? L'article 1, paragraphe 2 de la Charte des Nations Unies mentionne comme l'un des principaux objectifs des Nations Unies le « respect du principe de l'égalité des droits et de l'autodétermination des peuples ». Ainsi, les fantasmes de toute-puissance arrogants des centralistes sont en contradiction flagrante avec le droit international. En d'autres termes: il est illégal au regard du droit international de vouloir imposer de l'extérieur leur sort à des régions où une majorité de la population tend vers l'indépendance. Cela ressemble presque à de l'impérialisme. La fondation d'une nouvelle confédération libre serait non seulement légitime au regard du droit international, mais offrirait également de nombreux avantages pour les amis de la liberté. Un pays qui se concentre à nouveau sur la liberté, l'économie de marché, la neutralité et l'indépendance pourrait devenir un véritable aimant pour les innovateurs. Un nouveau centre de progrès et de prospérité pourrait émerger, tandis que les régions qui se soumettent à l'UE suivent le chemin d'un déclin insidieux. Olivier Kessler est publiciste et directeur de l'Institut Libéral. Son dernier ouvrage paru: « Befreiungsschlag: Un espoir pour un monde que l'on croyait perdu ». Son podcast « Impulsion de liberté » apparaît régulièrement sur YouTube.