Combien de fois ne l’avons-nous pas entendu ces derniers mois: la Suisse doit se rattacher à Bruxelles et accélérer encore ce rattachement, car les États-Unis sous le président Trump sont devenus si imprévisibles et sombres.
Un chef du PS, Cédric Wermuth, a dit au sujet de Trump, à qui il a crié un « Fuck you! »: « Il n’y a rien d’autre à faire que de consolider rapidement notre relation avec l’UE. » Le chœur des amis de l'UE l’a suivi, de la gauche au PLR.
Le différend douanier avec les États-Unis est devenu l’argument central pour l’accord-cadre 2.0. La Suisse a besoin d’un « partenaire fiable » dans un monde incertain et imprévisible. Et ce partenaire est Bruxelles, Bruxelles, Bruxelles, tel est le ton.
Seule, affirmaient les turbos de l’UE, la Suisse ne peut rien faire. Cela a été démontré par les tarifs douaniers américains de 39 %. L’UE a négocié de brillants 15 %. En partenariat avec Bruxelles, tout serait bien mieux. C'est pourquoi la Suisse doit absolument signer les nouveaux accords avec l’UE.
Et maintenant? La Suisse s'est mise d'accord toute seule avec les États-Unis. Elle obtient le même tarif douanier que l’UE. Ainsi, l'un des principaux arguments constamment avancés par les turbos de l’UE pour les accords avec Bruxelles s’effondre de manière retentissante.
Cet exemple actuel peut être généralisé: la Suisse a toujours mieux fonctionné politiquement, intérieurement et extérieurement, même économiquement, parce qu’elle est souveraine, indépendante, agile.
Elle dépasse l’UE dans toutes les statistiques - de l'innovation à des taxes plus basses - et a signé des accords de libre-échange avantageux avec la moitié du monde.
Cette ouverture sur le monde entier est sa force. Se fixer sur le monstre bureaucratique de l’UE et se laisser enchaîner par elle serait la pire chose que la Suisse puisse faire. Il sera intéressant de voir quel argument fragile les turbos de l’UE inventeront ensuite.