Neuf États de l’UE demandent à la Commission européenne de retirer ses projets visant à créer environ 2 500 postes supplémentaires au sein de l’administration de l’UE. Dans une lettre adressée au commissaire au budget Piotr Serafin, les ministres déclarent: « Dans ce contexte, l’augmentation proposée [par la Commission, réd.] de 2 500 postes ainsi que le renforcement global substantiel de la rubrique 4 (administration) vont à l’encontre des objectifs déclarés d’efficacité, de retenue et de réforme et risquent de saper la crédibilité de la proposition globale relative au CFP. »
SVEN HOPPE / KEYSTONE
La lettre, menée par l’Autriche, a été signée par l’Allemagne, le Danemark, la Suède, la Finlande, les Pays-Bas, l’Estonie, la Lettonie et la Tchéquie, rapporte Politico. En juillet 2025, la Commission avait présenté sa proposition pour le cadre financier pluriannuel (CFP) 2028–2034. Celle-ci prévoit une augmentation des effectifs et un élargissement des marges de manœuvre administratives. Selon les signataires, les 2 500 postes supplémentaires entraîneraient, sur la durée du cadre budgétaire, des coûts d’environ 1,4 milliard d’euros.
Les ministres saluent certes l’annoncée rationalisation du budget de l’UE. Ils soulignent toutefois que la Commission doit s’appliquer à elle-même les mêmes critères qu’elle exige des États membres. Ces derniers sont soumis à une pression croissante pour rendre leurs dépenses publiques plus efficaces, réduire leurs effectifs et réaliser des économies.
Ils poursuivent littéralement: « Nous attendons de la Commission des propositions ambitieuses et quantifiées, contribuant directement aux négociations en cours sur le prochain CFP, y compris un système administratif de l’UE à la hauteur des défis de notre temps. »
Le ministre d’État allemand Günther Krichbaum a déclaré: « Notre message commun est clair: la Commission doit comprendre les signes du temps. » Si les administrations nationales réduisent leurs dépenses et leurs effectifs, cela doit également s’appliquer à l’exécutif de l’UE. La ministre autrichienne des Affaires européennes, Claudia Bauer, a averti qu’une nette expansion de l’administration de l’UE enverrait, en période de fortes contraintes budgétaires, un mauvais signal aux citoyens.
La Commission n’a pas souhaité commenter la lettre auprès de Politico.