Mathias Döpfner, le président directeur général d'Axel Springer SE, adopte dans un commentaire pour le journal Bild un ton virulent contre le plan de paix actuellement discuté pour l'Ukraine. Si le plan, comme rapporté, est mis en œuvre, cela équivaudrait selon Döpfner à une «pure paix dictée», qui marquerait la fin de l'ordre mondial existant. «Car il établit le droit du plus fort à prendre ce qu'il veut», avertit Döpfner.
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Il critique spécifiquement la reconnaissance prévue de la Crimée comme territoire russe. Un tel pas ne récompenserait pas seulement Vladimir Poutine pour son agression, mais deviendrait également un modèle pour d'autres autocraties comme la Chine ou l'Iran. «Quiconque dit oui à ce plan pèche à jamais contre toute forme de droit international et d'intégrité territoriale», écrit Döpfner.
Il met en garde contre un effet domino mondial: si la violence et l'expansion l'emportent, d'autres annexions contraires au droit international pourraient suivre - comme par exemple une attaque chinoise contre Taïwan ou l'élimination d'Israël.
Pour Döpfner, il est clair: «L'Europe ne doit même pas discuter de ce 'plan'.» Il ne s'agit plus de défendre l'Ukraine. Mais: «de l'avenir de nos valeurs, d'un ordre mondial basé sur le droit», selon le chef de Springer.
Peut-être est-ce vraiment le «moment historique de l'Europe», conclut Döpfner. «Soit nous restons ensemble. Soit nous tombons.»