L'ancien conseiller fédéral Johann Schneider-Ammann critique radicalement les traités de l'UE. « Ce paquet contient des éléments institutionnels qui, sur le plan de la politique de l'État et de la théorie démocratique, vont trop loin pour la Suisse », écrit l'ancien ministre de l'économie PRD dans une contribution d'opinion pour le NZZ.
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Contrairement aux Bilatérales I et II, il ne s'agit plus d'une continuation du chemin bilatéral. En cas d'acceptation des nouveaux accords-cadres, la Suisse s'engagerait contractuellement envers Bruxelles, sans pouvoir participer aux décisions.
« Ils établissent une obligation d'adopter le droit évolutif de l'Union dans les accords d'accès au marché. » Schneider-Ammann voit en danger rien de moins que « l'ADN de la Suisse et sa constitution démocratique ».
« Les Bilatérales III mènent de facto à un 'mini-EEE'. La Suisse entrerait ainsi dans le très cité 'camp d'entraînement pour une adhésion à l'UE'. »
L'argument selon lequel la Suisse pourrait encore décider librement d'adopter ou non le droit de l'UE est, selon Schneider-Ammann, une erreur. Si le 'citoyen libre' dit non, des 'mesures de compensation (sanctions)' menacent.
« Il est clair que le droit de référendum serait plus que grignoté.» À l'avenir, la dernière parole reviendrait à la Cour européenne de justice (CJUE).
Schneider-Ammann regarde également de manière critique les accords sur l'électricité et la santé. Les deux n'apporteraient pas de nombreux avantages à la Suisse, « mais des restrictions à sa liberté d'action ».
Le bilan de l'ex-conseiller fédéral: « Conserver ses propres forces nécessite parfois de se rendre impopulaire. Nous devons avoir ce courage. »
Avec sa critique, Schneider-Ammann s'attirera sans doute l'antipathie des poids lourds actuels du PRD autour de l'euro-turbo Simon Michel.
Ils souhaitent en tout cas faire aboutir les traités. Le 18 octobre, les Libéraux-Radicaux veulent acter leur position lors de l'assemblée des délégués. Les signes sont en faveur d'un rapprochement avec l'UE. L'intervention de Schneider-Ammann apporte ici un vent nouveau dans le débat. L'ancien conseiller fédéral perturbe le culte de l'UE de Simon Michel et Cie.