L'historien économique zurichois Tobias Straumann considère que l'utilité économique des nouveaux traités de l'UE est surestimée. « Économiquement, ils ne rapportent pratiquement rien, politiquement nous continuons de perdre en souveraineté », déclare-t-il dans une interview avec la NZZ.
À long terme, cela nuira également à l'économie puisque la politique suisse deviendra moins décentralisée, pragmatique et démocratique.
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Pour Straumann, c'est clair : Le projet n'a « aucune chance » auprès du peuple. Chaque groupe d'intérêt y trouvera des dispositions qu'il ne pourra pas accepter. Il ne veut pas parler de tournant historique en cas d'adoption : la véritable rupture a eu lieu avec les accords bilatéraux I en 2000, lorsqu'une grande partie de l'autonomie de la Suisse avait déjà été cédée.
Straumann est sceptique quant à l'avantage économique de la libre circulation des personnes. Certes, l'immigration est importante, mais une migration d'une telle ampleur est problématique. « Moins de 50 000 personnes par an serait optimal », explique-t-il.
La forte immigration n'a pas seulement contribué à la pénurie de main-d'œuvre qualifiée, mais a également gonflé l'État. Les gagnants sont les propriétaires immobiliers ou les universités, les perdants sont ceux qui recherchent un logement ou les jeunes universitaires suisses.
Il ne partage pas la crainte qu'un non signifie la fin des relations bilatérales. Même après le non à l'EEE, l'UE n'a pas mis en œuvre sa position de force. Il faut plutôt de la patience et de la confiance en soi : « Je ne dirais pas oui par anticipation par peur des conséquences négatives. » Même une nouvelle exclusion des programmes de recherche ne l'effraie pas : « Nous pouvons vivre avec cela. »
L'historien économique Straumann trace une ligne claire : ceux qui veulent plus de proximité avec l'UE devraient ouvertement soutenir l'adhésion. « Les nouveaux traités ne font qu'entraîner une nouvelle perte de souveraineté sans contrepartie."
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