L’Europe doit refonder ses relations avec la Chine. La détente par l’interdépendance économique était un principe de l’Ostpolitik aujourd’hui largement oublié. C’est précisément vis-à-vis de la République populaire de Chine qu’il convient de remettre cette approche en mémoire.
La politique de l’UE a conduit ces dernières années à ce que les sanctions et les restrictions commerciales à l’égard de la Chine passent de plus en plus au premier plan de la politique commerciale extérieure européenne. Ce découplage économique est pudiquement maquillé en « dé-risquage » (« de-risking ») et ne sert pas ses propres intérêts. Une politique économique qui vise avant tout à minimiser les risques provoque inévitablement, de l’autre côté, des mesures correspondantes, qui entraînent à leur tour des règles plus strictes pour sa propre protection.
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C’est justement pour les terres rares et les métaux critiques qu’il apparaît que le plan de l’UE ne fonctionne pas, car la compétitivité propre est encore davantage affaiblie par des coûts plus élevés. Lever les restrictions commerciales des dernières années est dans l’intérêt vital de l’Europe. Sans le marché chinois, la construction de machines et l’industrie automobile, par exemple, n’ont guère de perspectives. L’Europe doit apprendre à mener une politique d’intérêts fondée sur la réciprocité. Quiconque pense pouvoir dicter à d’autres régions du monde avec qui elles sont autorisées à commercer et avec qui non, suscitera de la résistance.
Dans le même temps, il faut mieux comprendre que les États-Unis ont d’autres intérêts que les peuples d’Europe. On peut toutefois espérer que la politique du président américain Donald Trump, qui considère les Européens, comme dans le cas du Groenland, comme un simple accompagnement de menu, conduise à une nouvelle clarté.
Une politique de détente économique est plus que nécessaire. Les problèmes dans les relations avec la Chine ne se résoudraient pas du jour au lendemain, mais au moins la direction à suivre ensemble serait claire.
Sevim Dagdelen est publiciste et spécialiste des affaires étrangères au comité fédéral du BSW.