Alors que la Confédération tire de plus en plus d'argent des poches des gens à tous les niveaux, l'imposition individuelle va dans l'autre sens. La classe moyenne devrait payer 600 millions de moins en impôts. C'est ainsi que les politiciens libéraux parlent de ce projet sur lequel nous voterons en mars.
Anthony Anex/Keystone
Ce récit est maintenant fortement contesté et même parfois démoli par l'ancien chef de l'Administration fédérale des finances, Serge Gaillard, quelqu'un qui connaît bien ces projets.
Dans une interview avec le «Sonntagszeitung», il dit que l'imposition individuelle éliminerait certes le traitement inégal entre les couples mariés et les couples en concubinage. «En même temps, elle crée de nouvelles injustices parfois criantes», avertit Gaillard. Les familles ayant le même revenu seraient désormais imposées différemment, selon la façon dont elles répartissent le travail.» Il fournit également un exemple de calcul à cet égard.
Prenons deux familles de quatre personnes ayant le même revenu de ménage de 150’000 francs chacune. Dans la première famille, les deux partenaires gagnent chacun 75’000 francs. La famille paie 520 francs d'impôt fédéral. Dans la seconde, les 150’000 francs de revenu proviennent d'un seul partenaire. Cette famille paie un impôt considérable de 5700 francs. Elle paie donc 10 fois plus d'impôts que l'autre famille ayant exactement le même revenu.» Même si la partenaire contribue pour 30’000 francs au revenu familial commun, la différence de charge reste importante.
C'est presque un coup de tonnerre. Car l'ancien haut fonctionnaire contredit ainsi également son propre parti, le PS, qui soutient l'imposition individuelle.
L'imposition individuelle est certes le projet de prestige du parti libéral vacillant. Les gauchistes se sont ralliés derrière elle et ont élevé le projet au rang de grand récit pour l'égalité.
Il existe de meilleures façons de supprimer ou au moins d'atténuer la pénalité de mariage. Et que cette réforme vise à améliorer l'égalité est un conte sans fin heureuse - ce que voit également Serge Gaillard.