Le chef de l’AfD en Thuringe, Björn Höcke, n’a pas le droit de tenir de discours publics en Bavière le week-end prochain. Le tribunal administratif de Bayreuth a rejeté une requête en référé de l’AfD et a ainsi confirmé une interdiction ponctuelle de prise de parole pour le politicien à Seybothenreuth, en Haute-Franconie. Alors que la commune ne pouvait pas, en principe, interdire au parti d’utiliser la salle polyvalente pour la campagne en vue des élections communales du 8 mars, Höcke lui-même n’a pas le droit d’y prendre la parole au micro.
Martin Schutt/DPA/Keystone
Le tribunal a motivé sa décision par la crainte de contenus antisémites ainsi que par l’apologie de la domination violente et arbitraire du national-socialisme, écrit le journal Bild. Cela serait le cas « compte tenu de l’orientation politique d’extrême droite de Björn Höcke et de ses déclarations lors de précédentes apparitions publiques, y compris très récentes ». La base juridique de cette intervention est une nouveauté dans le droit communal bavarois, qui permet depuis janvier aux villes d’interdire l’utilisation d’installations publiques en cas de risque d’apologie du nazisme.
Höcke s’est prévalu au préalable de son droit fondamental à la liberté d’expression. À Lindenberg, dans l’Allgäu, on tente également actuellement d’empêcher l’apparition de ce politicien déjà condamné pour usage de slogans nazis; une décision du tribunal administratif d’Augsbourg y est encore en suspens.
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