200 francs par an et par ménage iront à la SRG à l'avenir si la soi-disant initiative de réduction de moitié de l'UDC réussit. C’est moins qu’aujourd’hui, mais ce n’est pas rien – et comparé à d’autres pays, c’est encore pas mal d’argent pour le radiodiffuseur public.
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La directrice générale de SRG, Susanne Wille, voit cela différemment dans une interview avec Blick. Elle y déclare qu'un oui à l'initiative «serait la fin de la SRG telle que nous la connaissons aujourd'hui». Peut-être qu'elle ne tient pas compte du fait que de nombreuses personnes souhaitent effectivement une autre SRG que celle qu'ils connaissent.
Le prédécesseur de Wille, Gilles Marchand, avait autrefois qualifié tout effort pour rationaliser le budget de la SRG d’«attaque contre la Suisse». Elle ne souhaite pas commenter cette déclaration, dit la nouvelle cheffe, mais elle s'oriente alors exactement dans la même direction.
Citation: «L'initiative affaiblit ce qui fait fondamentalement la Suisse: la diversité, la cohésion, l'indépendance.» Wille souffre donc également du syndrome Marchand: elle assimile la SRG à tout le pays et croit sincèrement que la radio et la télévision sont le ciment qui maintient le tout ensemble.
Cela continue de façon dramatique. «Si l’on retire 800 millions du système médiatique, cela affaiblit aussi la qualité journalistique», explique Wille, et: «Qui affaiblit l'information et les médias, affaiblit la sécurité d'un pays.»
Pour Susanne Wille, «la SRG» et «les médias» sont donc synonymes. Elle ne voit pas d’alternatives aux chaînes publiques, même s'il n'y en a jamais eu autant qu'aujourd'hui.
Et cela continue. Le message: Seule la SRG peut informer sérieusement, seule la SRG peut desservir toute la Suisse, seuls les journalistes de la SRG connaissent la vérité. Il est douteux que cette auto-glorification constante convainque les contribuables. D'autant plus qu'ils peuvent constamment vérifier si c'est vraiment le cas.
Même aujourd'hui, on fait déjà beaucoup d'économies à la SRG, assure alors la directrice générale dans l'interview.
Cependant: elle ne veut apparemment pas commencer par elle-même. Car pourquoi doit-elle emmener une assistante de maquillage pour une interview de journal?