En juin, nous voterons sur l’initiative «Pas de Suisse à 10 millions». Le PS passe déjà à l’offensive.
«L’immigration n’apporte en fait que des avantages à la population suisse, à tous les niveaux», a déclaré la coprésidente du groupe parlementaire du PS dans l’émission «Samstagsrundschau» de la radio SRF. En vérité, il ne s’agirait pour l’UDC que de torpiller la voie bilatérale avec l’UE, leur reproche-t-elle. Leur initiative serait d’ailleurs «complètement dépassée».
Peter Klaunzer/Keystone
Dépassée? Permettez-moi, personne n’a encore avancé une telle absurdité en lien avec l’initiative pour la durabilité, qui veut corseter l’immigration exorbitante. En réalité, cette initiative populaire de l’UDC touche, comme aucune autre proposition, un nerf à vif de notre époque.
Ce thème figure en haut du baromètre des préoccupations de la population. Nous vivons en effet à une époque où une croissance démographique beaucoup trop rapide fait grimper à des niveaux dangereux toute une série de problèmes, comme par exemple les coûts du logement, la criminalité croissante, les transports publics et privés, la perte de qualité dans les écoles, pour n’en citer que quelques-uns.
Au cours des dernières décennies, nous avons développé les infrastructures à grands renforts d’argent public. Nous ne pouvons plus nous étendre en largeur en raison de la superficie limitée du pays. Tout nouvel agrandissement de nos voies de communication, de notre approvisionnement en électricité, de nos écoles et du secteur de la santé devient un tour de force. Il devient également de plus en plus difficile et coûteux d’entretenir ces réseaux d’infrastructures, sans parler des coûts consécutifs élevés.
Indépendamment de cela, de plus en plus de personnes affluent dans le pays. De 2000 à 2025, la population résidente permanente est passée de 7,2 millions à plus de 9 millions de personnes. Alors que l’Allemagne accueille le plus grand nombre de migrants en chiffres absolus, la Suisse arrive en tête en termes relatifs, avec un taux d’immigration de 1,65 pour cent en 2022 – plus du double de celui de son voisin allemand. L’année dernière, la Suisse a de nouveau crû de l’équivalent de la ville de Winterthour.
L’initiative pour la durabilité n’est pas dépassée. C’est la dernière possibilité de tirer le frein à main et de protéger notre pays d’une vague migratoire incontrôlée.