La ministre allemande de l’Économie, Katharina Reiche, veut stopper les sauts de prix à la pompe en imposant par la loi une limitation à un seul changement de prix par jour. C’est un exemple emblématique d’un activisme bien intentionné mais désastreux du point de vue de l’économie de marché. La « massue interventionniste », qui peut paraître populaire à première vue, manque complètement sa cible lorsqu’on y regarde de plus près.
KATHARINA KAUSCHE / KEYSTONE
De tels instruments de planification centralisée sous-estiment la dynamique du marché: si les hausses de prix intrajournalières étaient interdites, les importateurs et les exploitants de stations-service devraient intégrer dès le matin les fluctuations quotidiennes avec d’énormes marges de sécurité. Le résultat ne serait pas un carburant meilleur marché, mais un niveau de prix artificiellement maintenu à la hausse, au détriment des pendulaires. C’est la logique typique d’une politique qui combat les symptômes au lieu de s’attaquer aux causes.
La politique devrait avoir le courage d’apporter un véritable allègement. Il serait bien plus judicieux de renoncer à ces impôts et taxes massifs que l’État prélève sur chaque litre d’essence pour financer son appareil débordant de toutes parts et des projets énergétiques idéologiques. Un État qui renchérit d’abord artificiellement les prix par les impôts, puis se présente comme sauveur avec des interdictions de prix, perd toute crédibilité. Une véritable économie de marché n’a pas besoin de contrôleurs de prix, mais de moins d’avidité étatique.