La session de printemps qui s’est terminée il y a quelques jours l’a de nouveau montré: il n’y a pas de majorité au Parlement pour un durcissement de l’asile.
Une intervention demandait que les requérants d’asile qui commettent un délit en Suisse ne puissent en aucun cas obtenir l’asile. Une évidence, pourrait-on penser. Mais ce ne sont pas seulement les conseillers aux États de gauche et des Verts qui se sont opposés à cette demande – des représentants du Centre et du PLR ont également contribué à couler l’intervention. Les représentants de l’ancienne PDC ont voté presque unanimement contre l’adaptation.
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En matière de politique d’asile, il faut malheureusement constater qu’il ne sert à rien de voter Vert, gauche, Centre ou PLR – le résultat reste le même.
Quiconque espère un changement de cap doit tourner son regard vers Bruxelles. Le Parlement européen a donné son feu vert à un durcissement des règles de renvoi. Les députés ont voté jeudi à Bruxelles sur ce que l’on appelle le règlement sur le retour. Celui-ci permet notamment aux États membres de placer en détention en vue du renvoi, pour une durée pouvant aller jusqu’à 24 mois, les personnes tenues de quitter le territoire, et d’exploiter des centres de retour en dehors de l’Union. Les demandeurs d’asile déboutés pourraient ainsi être expulsés non seulement vers leurs pays d’origine, mais aussi vers des pays tiers avec lesquels ils n’ont aucun lien.
De telles propositions seraient vouées à l’échec dans la politique suisse. En matière de réfugiés, la Confédération se situe clairement plus à gauche que l’UE. Pour une fois, il serait souhaitable que la majorité s’aligne un peu plus sur Bruxelles.