L'Union européenne a de nouveau reporté ses plans pour se désengager complètement de l'énergie russe. Comme le rapporte le Financial Times, la feuille de route initialement annoncée pour février est maintenant retardée au moins jusqu'en mai. Le contexte inclut notamment des incertitudes autour de l'avenir des pipelines Nord Stream endommagés et de nouveaux signaux commerciaux des États-Unis.
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Alors que Nord Stream 1 a été mis hors service depuis le sabotage de 2022, une branche de Nord Stream 2 reste techniquement intacte - et à Bruxelles, la reprise des importations de gaz russe est apparemment de nouveau discutée ouvertement. La pression politique augmente aussi à cause des demandes de l'industrie : le secteur chimique allemand évoque par exemple une « grave crise » et pousse pour un gaz russe abordable. Les entreprises énergétiques françaises comme Engie et Total se montrent également ouvertes à un retour à l'énergie russe.
Parallèlement, de nouveaux plans de droits de douane punitifs du président américain Donald Trump ajoutent à l'agitation. « Où les États-Unis s'intègrent-ils dans tout cela ? Comment allons-nous diversifier ? », cite le journal un diplomate de l'UE. La stratégie commerciale de Washington pourrait devenir la variable clé pour l'avenir énergétique de l'Europe.
Un autre obstacle est constitué par des barrières internes : Bruxelles cherche des moyens légaux permettant aux entreprises de sortir de contrats à long terme avec des fournisseurs russes - sans risquer des amendes de plusieurs millions. Mais un tel pas pourrait être bloqué par le veto de certains États membres comme la Hongrie ou la Slovaquie.
Malgré une baisse drastique des livraisons par pipeline depuis 2022, la Russie a également fourni environ 19 pour cent des besoins européens en gaz et en GNL en 2024.