L'Union et le SPD ont rebaptisé «l'aide citoyenne» en «sécurité de base». Leur message: qui ne veut pas travailler doit recevoir moins. Qui sèche trois rendez-vous au centre pour l'emploi perd le montant standard, et au quatrième manquement, même le loyer. Qui refuse des offres d'emploi risque de ne rien recevoir du tout.
CLEMENS BILAN / KEYSTONE
Bravo? Cela ressemble à un tournant. En réalité, c'est la répétition d'une menace éternelle. Depuis 25 ans, les gouvernements allemands racontent la même histoire: en 1996, Helmut Kohl a réduit l'aide sociale en cas de refus de travailler. En 2003, Gerhard Schröder a annoncé: «Nous allons réduire les prestations de l'État, promouvoir la responsabilité individuelle.» Angela Merkel a durci en 2006, et réaffirmé en 2010: «Qui refuse le travail doit s'attendre à des réductions.» En 2019, la Cour constitutionnelle fédérale a mis fin aux sanctions exagérées. En 2022, sous la pression de l'Union, la période de confiance a été supprimée pour l'aide citoyenne.
La ligne est continue – seuls les coûts augmentent. Aujourd'hui, l'Allemagne dépense presque 52 milliards d'euros pour le système d'aide citoyenne. Pourtant, les «refuseurs totaux» sont le moindre problème. La grande majorité échoue en raison de maladies, de manque de qualifications ou de problèmes familiaux. Des sanctions plus dures ne changeront rien à cela, elles éloigneront seulement les gens du marché du travail.
À cela s'ajoute: les sanctions sont elles-mêmes un facteur de coût. Chaque cas doit être documenté, vérifié, entendu, et en cas de doute, contesté devant le tribunal. Plus de règles, plus de bureaucratie, plus de personnel – et au final, l'appareil dévore des milliards. Une étude de Bertelsmann montre que les coûts administratifs ont augmenté de 40 % tandis que les prestations elles-mêmes ont à peine augmenté.
La véritable réforme serait évidente: simplifier radicalement la jungle des formulaires et des vérifications, introduire des procédures numériques, rendre la formation continue obligatoire, créer de vrais emplois dans les communes, exclure les non-citoyens de cette prestation. Cela permettrait d'économiser. Mais l'Union et le SPD s'y soustraient. Au lieu de cela, ils vendent de vieux chapeaux sous une nouvelle fermeté.