Beatrix von Storch, vice-présidente du groupe parlementaire de l’AfD au Bundestag, critique la demande de retrait des troupes américaines d’Allemagne et contredit ainsi le chef de l’AfD, Tino Chrupalla. Elle a déclaré dans le podcast « Inside AfD » de Politico: « Mais l’Allemagne est encore à des années-lumière de remplir ces conditions, à savoir la capacité de défense. »
Bernd Wüstneck/DPA/Keystone
En toile de fond se trouve un conflit interne au parti concernant la ligne de l’AfD en matière de politique de sécurité. Chrupalla exige que l’armée américaine quitte l’Allemagne. Von Storch renvoie pour sa part au programme du parti, qui subordonne une telle mesure à certaines conditions: l’Allemagne doit être en mesure d’assurer sa propre défense et de remplir ses obligations au sein de l’OTAN.
Elle estime que ces conditions ne sont actuellement pas réunies. Elle souligne qu’une réduction des troupes de l’OTAN ne devrait avoir lieu qu’en étroite concertation avec les alliés, en particulier avec les États-Unis. Dans le même temps, elle renvoie à la question non résolue de la dissuasion nucléaire. Sans le parapluie nucléaire américain, l’Allemagne ne dispose d’aucune capacité propre de dissuasion nucléaire.
Au sein du parti, il existe en outre un différend concernant le rétablissement du service militaire obligatoire, qui, selon le programme, ferait partie de la nouvelle orientation de la politique de sécurité. Là aussi, il manque une ligne commune.
Le débat met en évidence une ligne de fracture stratégique au sein de l’AfD: entre, d’une part, les revendications en faveur d’un retrait rapide des troupes internationales et, d’autre part, l’appréciation selon laquelle l’Allemagne n’est pas encore militairement capable d’agir de manière autonome.