Le président français Emmanuel Macron a déclenché un débat international sur la censure et la régulation des plateformes avec sa déclaration « La liberté d’expression est un pur non-sens ». Lors d’un discours prononcé le 18 février 2026 à l’All India Institute of Medical Sciences à New Delhi, Macron a déclaré textuellement: « La liberté d’expression est un pur non-sens si personne ne sait comment on est orienté par cette soi-disant liberté d’expression – en particulier lorsqu’on est conduit d’un discours de haine à l’autre », comme le rapporte le portail autrichien Express.
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Macron s’exprimait dans le cadre d’une intervention sur l’intelligence artificielle et le partenariat stratégique entre la France et l’Inde. Il a annoncé son intention de porter à 30 000 le nombre d’étudiants indiens en France d’ici 2030. Dans la deuxième partie de son discours, il a toutefois déplacé l’accent sur les réseaux sociaux et leurs algorithmes. La liberté perd son sens lorsque des mécanismes invisibles déterminent quels contenus deviennent visibles. Il a réclamé davantage de transparence, une surveillance plus stricte et une régulation dans l’intérêt de « l’ordre public ».
Sur les réseaux sociaux, les critiques se sont multipliées. Plusieurs utilisateurs ont interprété ce choix de mots comme la preuve d’une restriction croissante de la liberté d’expression en Europe. D’autres voix ont rétorqué que Macron ne réclamait pas la censure, mais la transparence des algorithmes.
Ces déclarations s’inscrivent dans une continuité. Dès novembre 2025, Macron avait déclaré à Berlin à propos d’Internet: « C’est le Far West – pas la liberté d’expression. » Lors de la Conférence de Munich sur la sécurité, il avait appelé à une régulation plus stricte des réseaux sociaux pour protéger « l’ADN de notre démocratie » et s’était prononcé en faveur de règles plus sévères contre les comptes anonymes ou automatisés.
En toile de fond se trouve le Digital Services Act de l’UE, qui oblige les grandes plateformes à exercer un contrôle accru sur les contenus. En Pologne, le président Karol Nawrocki a bloqué en janvier 2026 une loi nationale de transposition, invoquant le risque d’une possible « censure administrative ». Aux États-Unis aussi, l’opposition grandit. Là-bas, le DSA est de plus en plus perçu comme une atteinte à la liberté d’expression.