Le président de la Fédération de l’industrie allemande (BDI) accentue la pression sur le chancelier fédéral Friedrich Merz. Peter Leibinger déclare au journal Bild que l’on juge le gouvernement « à ce qui est sensible pour les entreprises, pas aux déclarations d’intention ». Après les annonces d’un « automne des réformes » et l’affirmation que l’économie est prioritaire, il faut maintenant des résultats. « Ce n’est pas une liste de vœux agréables, mais la condition préalable pour surmonter définitivement la récession », déclare Leibinger. « Maintenant, le gouvernement doit livrer dans la mise en œuvre. »
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La fédération de l’industrie réclame notamment des réformes structurelles plus rapides, une réduction conséquente de la bureaucratie, l’accélération des procédures d’autorisation, des modèles de temps de travail plus flexibles ainsi qu’un financement viable des assurances sociales. Chaque décision politique doit viser à « renforcer la compétitivité, l’emploi et la croissance ».
Le BDI reçoit le soutien du président de l’organisation patronale, Rainer Dulger, qui a proposé un vaste paquet de réformes sur le modèle de « l’Agenda 2010 » de l’ancien chancelier Gerhard Schröder.
Le scepticisme à l’égard de la politique économique grandit également au sein de la population. Selon un sondage représentatif de l’institut INSA réalisé pour l’Initiative pour une nouvelle économie sociale de marché, 54 % des personnes interrogées jugent la politique économique actuelle mauvaise ou très mauvaise, seulement 19 % la jugent bonne ou plutôt bonne. 71 % se prononcent en faveur de réformes de grande ampleur. Même parmi les sympathisants de la gauche, 63 % approuvent des corrections fondamentales du site économique.