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La répression ne se termine pas avec la mort - elle est comptabilisée. Les familles iraniennes en deuil, dont les proches ont été abattus par les milices du régime lors de manifestations, ont dû payer plusieurs milliers de dollars au début des protestations (alors que le salaire mensuel moyen est d'environ 250 dollars) pour récupérer les corps de leurs proches - en tant que « compensation » pour le projectile mortel. Sinon, le corps finissait dans une fosse commune. Plus tard, la médecine légale de Téhéran a annoncé que les corps seraient désormais remis gratuitement aux familles, contrairement à la pratique antérieure. Mais l'argent dit « des balles » découle de la vision cynique de la République islamique en tant qu'État divin. Elle considère le guide suprême de la révolution non seulement comme un souverain absolu, mais aussi comme porteur d'une mission divine. L'opposition est considérée comme un blasphème - une trahison de l'ordre divin. En droit pénal iranien, cela peut signifier une peine de prison ou même la peine de mort. L'hérésie et la critique de l'État sont systématiquement assimilées. La violence excessive des derniers jours fait donc partie d'un ordre qui non seulement justifie la cruauté au nom du régime, mais la présente comme un devoir religieux. Le régime ne distingue pas entre une protestation pacifique, une critique légitime et une véritable violence. Quiconque s'oppose est rapidement considéré comme un « ennemi de Dieu », un outil des puissances étrangères ou moralement corrompu. Les peines sévères ne sont pas considérées comme une injustice par les ayatollahs, mais comme une défense nécessaire de l'ordre. Ce système est soutenu par un appareil de pouvoir étroitement lié composé de la justice, des services secrets, de la police et surtout des Gardiens de la révolution islamique. Ces forces ne sont pas seulement responsables de la sécurité extérieure, mais surtout du contrôle interne. Elles répriment les manifestations, surveillent la population, censurent les médias et internet - et profitent politiquement et économiquement du statu quo. Et elles agissent avec bonne conscience: elles accomplissent, selon leur propre vision, une mission divine. Cette impitoyabilité est particulièrement visible lors des manifestations nationales, lorsque le régime utilise délibérément la violence meurtrière, arrête des milliers de personnes et contraint les familles des victimes au silence. L'intimidation est alors collective: ce ne sont pas seulement des individus qui doivent être punis, mais des groupes sociaux entiers. La peur remplace l'assentiment. La brutalité des sbires du régime envers les citoyens est également l'expression d'un système qui sait qu'il a depuis longtemps perdu la majorité de la société. Parce qu'il ne peut pas se réformer sans détruire sa propre base, il ne lui reste que la violence. Mais la cruauté n’est pas seulement une erreur du système - c’est aussi sa conséquence.