La plus grande chaîne privée d'Allemagne, RTL, annonce la suppression de 600 emplois. Tous les secteurs et sites de l'entreprise, qui inclut notamment RTL, Vox et n-tv, sont concernés, rapporte le journal Bild. Cette décision fait partie d'une restructuration majeure vers un groupe médiatique davantage axé sur le streaming.
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Dans une communication interne, la direction a informé les quelque 7500 employés des plans. L'objectif est de réduire les coûts et de simplifier les structures de l'entreprise, afin de rendre la transition de la télévision classique au streaming «viable pour l'avenir», selon la chaîne. Les discussions avec les employés concernés devraient commencer le 7 janvier. Des indemnités de départ et des régimes de retraite progressive sont prévus.
La chute des revenus publicitaires de la télévision linéaire – une baisse de plus de 20 % depuis 2019 – a rendu cette décision nécessaire. Dans le même temps, le nombre d'abonnés payants du service de streaming interne RTL+ est passé de 0,8 à 6,6 millions. «Ces mesures sont profondes, mais impératives», selon le PDG Stephan Schmitter. Elles créent les conditions structurelles pour un renforcement «durable» de l'entreprise.
Schmitter mentionne également le projet d'acquisition de Sky Allemagne. Avec des investissements ciblés dans le contenu, la technologie et les formats journalistiques, RTL vise à se rendre pérenne. L'extension des offres numériques est une priorité.
En interne, il y a toutefois aussi du mécontentement. Selon les rapports médiatiques, il règne une frustration parmi une partie du personnel au sujet de l'engagement coûteux en faveur de Stefan Raab. Son retour à la télévision reste jusqu'à présent en deçà des attentes. Les audiences sont faibles et le volume d'investissement – 90 millions d'euros supposés sur cinq ans – est élevé.