Avec un plan d’action global, le chancelier fédéral Friedrich Merz (CDU) veut renforcer économiquement l’UE – contre la suprématie de la Chine et des États-Unis, mais aussi contre les obstacles qu’elle s’est elle-même créés. Avant la réunion des chefs d’État et de gouvernement de l’UE en Belgique, Merz a présenté ses propositions de réforme pour un marché intérieur plus léger et plus compétitif, rapporte le journal Bild-Zeitung.
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Le diagnostic venu de Berlin est clair: « Le marché intérieur de l’UE est loin de fonctionner aussi bien qu’il le pourrait. » Trop de bureaucratie, trop de réglementations nationales particulières, trop peu de normes numériques. Au centre se trouve la réduction des obstacles bureaucratiques: au lieu d’innombrables procédures de déclaration nationales, une inscription numérique unique, valable dans toute l’UE, doit à l’avenir s’appliquer aux missions de travail transfrontalières. Cela doit soulager les entreprises et simplifier les procédures. Les créateurs d’entreprise doivent également bénéficier de structures plus claires, selon Merz. Ainsi, le gouvernement fédéral réclame l’introduction d’une forme juridique unifiée à l’échelle européenne pour les start-up. L’objectif est de faciliter les expansions tout en offrant une sécurité juridique aux investisseurs.
Merz veut également alléger les contraintes dans le domaine numérique: les règles de protection des données et les exigences en matière d’IA doivent être adaptées de manière à ce que, en particulier, les petites entreprises, les start-up et les associations aient moins de charges administratives. Les doubles déclarations inutiles doivent être évitées et les normes numériques encouragées. En vue de la concurrence mondiale, Merz annonce des mesures plus strictes contre les importations à bas prix en provenance de pays tiers – surtout d’Asie. Des contrôles renforcés et une surveillance plus étroite du marché dans le commerce en ligne doivent garantir des conditions plus équitables.
Un autre point fort concerne la politique énergétique: grâce à un renforcement de l’interconnexion européenne, au développement des réseaux transfrontaliers et à une utilisation coordonnée des énergies renouvelables, Merz veut faire baisser les prix de l’énergie en Europe et accroître la sécurité d’approvisionnement.
Enfin, le chef de la CDU prévoit un « frein législatif » au niveau européen: de nouvelles réglementations de l’UE ne doivent être adoptées que lorsqu’elles sont absolument nécessaires. Parallèlement, les États membres qui n’appliquent pas le droit européen en vigueur devront à l’avenir s’attendre à des sanctions plus sévères.
Merz reçoit notamment le soutien de la Première ministre italienne Giorgia Meloni. La Commission européenne se montre également ouverte: une porte-parole a annoncé dans le Bild-Zeitung que l’on travaillait déjà à réduire les coûts administratifs de 25 pour cent – et même de 35 pour cent pour les PME.