Les travailleurs allemands doivent se préparer à des baisses des salaires réels et à des temps plus difficiles, selon l'économiste Prof. Veronika Grimm. Dans une interview avec le journal Bild, elle a donné une note de 4 à l'économie allemande et a prédit pour 2025 la troisième année de crise consécutive.
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Grimm avertit que les charges sociales devraient fortement augmenter - notamment en raison du manque de réformes des retraites et de l'augmentation des dépenses pour les systèmes de sécurité sociale. Sa conclusion : « Je crains que les conditions cadres ne deviennent plus difficiles. Nous allons voir des développements qui seront inconfortables pour les gens : à savoir, si l'emploi dans l'industrie diminue et augmente dans les secteurs où la rémunération est faible. Et il faut agir contre cela. La politique doit créer des conditions cadres attractives, par exemple pour le potentiel de croissance dans les domaines de l'IA, de la numérisation. »
Pour les années à venir, Grimm n'exclut ni des hausses d'impôts ni un report de l'âge de la retraite. Elle considère possible que des jours fériés soient supprimés et que les retraités doivent se préparer à des économies. Un salaire minimum plus élevé - par exemple 15 euros de l'heure - est contre-productif selon elle : « Si nous augmentons encore la structure salariale dans une situation où la productivité du travail est déjà basse, nous aurons à terme un problème de compétitivité internationale. L'économie sera alors sous pression. »
Les prévisions pour le marché du travail ne sont pas plus encourageantes : Grimm s'attend à une baisse de l'emploi dans l'industrie, tandis que les secteurs publics comme la santé et l'administration croissent - un développement « malsain ». Son appel à la politique : créer des conditions attractives pour les investissements, particulièrement dans des domaines comme la numérisation et l'intelligence artificielle.