Ce texte est une déclaration de Melanie Amann, la vice-rédactrice en chef du magazine Spiegel. Lors de l'émission «Presseclub», diffusée lundi dernier sur la Westdeutscher Rundfunk Köln (WDR), on a discuté de la nécessité d'interdire le parti «Alternative für Deutschland» (AfD). Nous documentons ici la réponse d'Amann à la question dans quelle mesure le moment de la publication de l'expertise sur l'AfD est lié au départ de la ministre de l'Intérieur Nancy Faeser. Il faut distinguer la création du rapport, qui selon moi s'est faite sans influence politique, et qui a même été retenue par respect pour la formation de la volonté politique lors des élections. Apparemment, ce rapport était déjà prêt à la fin de l'année, d'après tout ce qu'on entend et lit, et il a ensuite été retenu pour ne pas influencer la campagne électorale. Il a ensuite également été analysé ce qui avait été dit pendant la campagne électorale. Donc, d'une part, il y a la création du rapport et l'autre question est la publication et le moment, et c'est déjà une décision politique prise par Madame Faeser. Et mon impression est qu'elle voulait ainsi marquer la fin de son mandat et se présenter une fois de plus comme la combattante contre le fascisme, et c'est déjà, je pense, un signal politique. Et elle pourra naturellement dire à l'avenir: «Oui, après cela, je n'avais plus rien à voir avec cela», c'est-à-dire que si elle apparaîtra peut-être comme témoin dans un éventuel procès, elle pourra toujours dire: «Après cela, je n'avais plus rien à voir avec cela. Le rapport est arrivé et je l'ai publié». (...) D'une part, cette autorité travaille tellement soigneusement, je dirais formulé positivement, que nombre de ces déclarations ne sont pas si fraîches, qu'on suppose que l'on trouve, quand on voit avec quelles citations - ce qu'on sait maintenant, ce qui y figure. J'aime lire le Spiegel et mon collègue Wolf Wiedmann-Schmidt a apparemment pu voir le rapport d'une manière ou d'une autre et en a extrait les citations, les déclarations que l'on trouve – ce ne sont pas des secrets d'État, donc ce sont des choses que Serap Güler (député CDU au Bundestag, la rédaction) aurait aussi pu voir dans les nouvelles.