L'Union européenne est devenue un «monstre» qui sape de plus en plus la liberté et la démocratie – telle est la critique du spécialiste des médias Norbert Bolz dans une contribution pour le journal Die Welt. L'UE n'est plus depuis longtemps une communauté d'États libres, mais une «machine centralisée qui produit sans cesse des règlements et des interdictions» – tout en suivant un «scénario» qui rappelle Kafka et Orwell.
CHRISTOPHE PETIT TESSON / KEYSTONE
Bolz, professeur émérite et l'un des intellectuels conservateurs les plus en vue d'Allemagne, voit l'idée originale d'une Europe paisible et économiquement unie pervertie. Ce qui a commencé par le libre-échange et la liberté de circulation a été remplacé par la bureaucratisation, le manque de transparence et les tendances autoritaires. Comme exemple concret, il cite le «Digital Services Act» et le contrôle prévu des discussions: «Il s'agit ici de méthodes d'un État de surveillance totalitaire qui lit les communications privées et détruit ainsi la vie privée et la liberté d'expression.»
Au cœur de sa critique se trouve la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen. Pour Bolz, elle incarne le «visage allemand froid d'une Europe échouée». Particulièrement outrageant est son refus de divulguer les SMS échangés avec le chef de Pfizer pendant la pandémie de Covid-19.
L'UE n'est en outre pas légitimée démocratiquement. «Il n'y a pas de séparation des pouvoirs ni de démocratie», écrit Bolz. Bruxelles sert plutôt de levier pour imposer des mesures nationalement impopulaires, notamment au nom de la protection du climat et de la responsabilité sociale des entreprises. Cette pratique permet notamment aux partis de gauche et écologistes de contourner la volonté politique de leur propre population.
Ceux qui s'opposent à cette évolution ne sont pas des anti-européens, mais de bons européens, selon Bolz.