Des dizaines de milliers de personnes ont participé dimanche à Budapest à une « marche pour la paix » en soutien au premier ministre Viktor Orbán – à seulement quatre semaines d’élections législatives considérées comme le plus grand défi de son long mandat. La manifestation a eu lieu lors de la fête nationale hongroise et a traversé la capitale jusqu’au bâtiment du Parlement, où Orbán s’est adressé à ses partisans.
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Les « marches pour la paix » proches du gouvernement comptent depuis 2010 parmi les principaux instruments de mobilisation du camp Fidesz et sont souvent organisées avant les élections pour démontrer la force politique. Des participants sont venus de tout le pays à Budapest, beaucoup avec des bus spécialement affrétés par des groupes proches d’Orbán. Le cortège est parti de la place Elvis-Presley, a traversé le pont Marguerite pour rejoindre le Parlement. En première ligne défilaient des soutiens connus d’Orbán, dont le publiciste Zsolt Bayer et le rédacteur en chef de l’hebdomadaire « Demokrata », András Bencsik.
Les pancartes et banderoles mettaient surtout en avant des thèmes géopolitiques. Sur une banderole, on pouvait lire par exemple: « Nous ne serons pas une colonie ukrainienne. » Les partisans justifiaient leur participation par le souhait de stabilité: « Partout dans le monde, il y a des troubles, et dans notre petit pays, nous voulons préserver la paix, le calme et la sécurité. Et Orbán y veille », a déclaré une participante venue de la ville universitaire de Pécs.
Parallèlement, l’opposition se mobilise également. Le chef de l’opposition, Peter Magyar, a annoncé pour le même jour un rassemblement de contre-manifestants à Budapest. Les deux camps s’accusent mutuellement d’ingérence étrangère dans la campagne électorale – Orbán évoque un soutien venu de Bruxelles et de Kiev pour l’opposition, tandis que ses adversaires lui reprochent sa proximité avec le Kremlin.