Interview éclairante dans la République. Dans une conversation intéressante avec le journaliste économique de gauche Yves Wegelin sur un monde qui « dévie vers l'autoritarisme », le président du PS Cédric Wermuth n'insulte pas une seule fois le président américain Donald Trump. Wermuth renonce complètement à « Fuck you! » ou « fasciste ». Il ne voit plus qu'en Russie « un État tendanciellement fasciste et une menace ». Le président du PS désarme verbalement.
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Plus encore. L'interview pourrait même être le début d'une nouvelle bromance. Wermuth ne se contente pas de s'abstenir des diffamations habituelles, il montre de la compréhension pour Trump et lui donne même raison. « Critiquer Trump sur les déséquilibres commerciaux dans l'économie mondiale n'est pas faux. » Et: « Si Trump veut surmonter la mondialisation néolibérale des dernières décennies, il a raison. »
Wermuth estime qu'il est juste que la Suisse, « en tant que port du capital global », soit mise sous pression, bien que pas de cette « manière autoritaire, nationaliste ». Le président du PS préfère sans doute en contrepartie que la Suisse soit embêtée par des internationalistes de gauche. Heureusement pour lui, il y a l'UE, même si les traités européens ne vont pas assez loin aux yeux du président du PS. « Notre oui au paquet de l'UE est une décision désagréable dans une absence d'alternative. »