Les États de l'UE se sont mis d'accord lors du sommet de Bruxelles sur un paquet financier de plusieurs milliards d'euros pour l'Ukraine - non pas par la confiscation directe des avoirs russes, mais par de nouvelles dettes. Au total, quatre-vingt-dix milliards d'euros devraient être mis à disposition sur deux ans. Les prêts seront garantis par le budget de l'UE et levés sur le marché des capitaux.
OLIVIER HOSLET / POOL / KEYSTONE
Le projet initial d'utiliser directement les fonds d'État russes gelés - environ 210 milliards d'euros - a échoué en raison de l'opposition de plusieurs États membres, notamment la Belgique. Le gouvernement fédéral avait privilégié cette voie. Le chancelier Friedrich Merz a néanmoins parlé d'un « grand succès » et a souligné: « Le prêt sera remboursé grâce aux actifs russes. »
Formellement, l'Ukraine ne devra rembourser l'argent que si la Russie offre des réparations pour les dommages de guerre. D'ici là, les fonds russes gelés devraient rester bloqués - comme une « réserve de remboursement », comme on dit. L'UE se réserve le droit de les utiliser en cas de refus de paiement de Moscou - en accord avec le droit international, selon Merz.
La décision a été prise dans le cadre d'une « coopération renforcée » de 24 des 27 États de l'UE. La Hongrie, la Slovaquie et la Tchéquie ne participent pas. Le Premier ministre hongrois Viktor Orbán a vivement critiqué l'accord: l'argent est « perdu », son pays a réussi à rester à l'écart.
Le compromis est devenu nécessaire car des pays comme la Belgique avaient mis en garde contre une utilisation directe des fonds de la banque centrale russe. Une dure réaction de Moscou était redoutée. L'institution financière basée à Bruxelles, Euroclear, qui gère une grande partie des avoirs russes, s'est également retrouvée au cœur du débat.