Bientôt un an après la démission de Viola Amherd, des cadavres politiques continuent d’émerger de son temps passé au département de la défense (VBS).
Sous la responsabilité de la première cheffe du VBS, la loi sur le renseignement devait être modifiée pour permettre au Service de renseignement de la Confédération (SRC) de surveiller également des avocats, des médecins ou des journalistes.
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Amherd et ses fonctionnaires voulaient supprimer une section de la loi qui exempte les groupes professionnels mentionnés des mesures de surveillance du SRC qui nécessitent une approbation (écouter, localiser, etc.).
Les journalistes en contact avec des personnes considérées par le SRC comme une menace pour le pays auraient pu être surveillés. On peut imaginer un échange de journalistes pour des recherches avec par exemple des présumés terroristes de l'EI, des mercenaires ukrainiens, des terroristes de gauche, etc.
Bien que de telles configurations soient sans doute plutôt rares: elles auraient affaibli la protection des sources des journalistes. Les associations professionnelles, mais aussi les partis de gauche SP, Verts et GLP, sont montés au créneau dans le cadre de la consultation, avec succès.
La suppression de la protection des sources a été annulée, l'exception reste dans la loi. Il n'est pas clair si le revirement a eu lieu sous Amherd elle-même ou sous son successeur, le conseiller fédéral du centre Martin Pfister. Interrogé à ce sujet, Pfister ne semblait en tout cas pas informé lors de la présentation de la réforme législative mercredi.
Toutefois, cet épisode s'inscrit dans la tendance de l'administration fédérale, en particulier au VBS, à restreindre de plus en plus les droits fondamentaux comme la liberté d'expression, d'information et de la presse sous prétexte de la guerre en Ukraine et de la prétendue menace russe.
Amherd voulait par exemple faire interdire les médias russes en Suisse. Sous Pfister, un groupe de travail interdépartemental, une sorte de ministère de la vérité, a vu le jour pour lutter contre la désinformation par des « mesures réactives ».