Le Landtag de Saxe-Anhalt a lancé un paquet de réformes pour le parlement et la Cour constitutionnelle, destiné à empêcher de possibles blocages après les prochaines élections. La CDU, le SPD, le FDP, les Verts et la Gauche ont conjointement présenté le projet de loi pour la soi-disant réforme parlementaire 2026. La réforme doit garantir qu’un grand groupe parlementaire sans majorité propre ne puisse plus, à lui seul, bloquer des décisions importantes au parlement. Dans l’exposé des motifs, il est indiqué que l’objectif est d’« assurer la capacité de fonctionnement des organes de l’État constitutionnel libre et démocratique de Saxe-Anhalt, même dans les conditions d’une fragmentation et d’une polarisation croissantes du système politique du Land ».
Klaus-Dietmar Gabbert/DPA/Keystone
En toile de fond se trouvent des sondages actuels dans lesquels l’Alternative pour l’Allemagne est nettement en tête devant les autres partis. Son chef de file, Ulrich Siegmund, a annoncé qu’en cas de victoire électorale, il souhaiterait notamment résilier des traités d’État comme le traité d’État sur la radiodiffusion. À l’avenir, un ministre-président ne pourra toutefois résilier de tels traités qu’avec l’accord du Landtag.
Un point central concerne l’élection du président du Landtag. Si le candidat du groupe parlementaire le plus fort échoue au premier tour de scrutin, d’autres groupes parlementaires pourront à l’avenir présenter leurs propres candidats. Il s’agit ainsi d’éviter que le parlement ne se retrouve dans l’impasse pour la désignation à cette fonction. Des modifications sont également prévues pour l’élection des juges de la Cour constitutionnelle du Land. Si aucune majorité des deux tiers n’est atteinte dans un délai de six mois, la Cour elle-même pourra proposer des candidats. Le Landtag ne se prononcerait alors sur cette proposition qu’à la majorité simple, de sorte qu’une minorité de blocage ne pourrait plus empêcher l’élection.
L’AfD critique vivement la réforme. Le représentant du groupe parlementaire, Tobias Rausch, a qualifié les projets de « mépris de la volonté des citoyens » et a accusé les autres partis de vouloir sécuriser leur pouvoir et leurs postes.
La première lecture du projet de loi a eu lieu jeudi. Comme une modification de la Constitution est prévue, trois lectures au total sont nécessaires. Une deuxième lecture est prévue pour le 20 avril, la troisième pour le 23 avril. La réforme pourrait ainsi entrer en vigueur avant les élections.