Aucun membre du Conseil fédéral n'a critiqué le président russe Vladimir Poutine plus durement que le ministre de la Justice Beat Jans. Le bashing dirigé contre la Russie par l'homme du PS s'est surtout manifesté lors de sa participation à la conférence Albisgüetli de l'UDC en début d'année.
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Jans, membre d'un gouvernement fédéral qui devrait normalement rester neutre à l'égard des parties en conflit, a déclaré que la Russie avait violé le droit international, envahi son voisin démocratique de manière brutale, bombardé des villes et poussé quatre millions de personnes à fuir.
Cela ne s'applique manifestement pas à Jans. Pour lui, le conflit en Ukraine ne laisse aucune place à la relativisation. «Il ne faut pas dire : Pour une guerre, il faut toujours être deux. On ne doit pas faire la courbette devant l'agresseur», a déclaré Jans dans son discours.
Le même ministre de la Justice, qui a publiquement exprimé son jugement moral sur le chef d'État russe, doit maintenant décider si la Suisse accorde une immunité à Poutine, au cas où ce dernier rencontrerait le président ukrainien Volodymyr Zelensky pour d'éventuelles discussions de paix en Suisse.
Contexte : La Cour pénale internationale de La Haye a émis un mandat d'arrêt contre Poutine. En conséquence, la Suisse serait également tenue d'arrêter Poutine et de le remettre à la Cour. Le ministre des Affaires étrangères, Ignazio Cassis, a déjà devancé la question et a clairement signalé à Poutine qu'il bénéficierait de l'immunité pour des pourparlers de paix en Suisse.
Jans partage-t-il ce point de vue? Le ministre de la Justice mettra-t-il ses déclarations en pratique en ne courbant pas l'échine devant l'agresseur et en refusant l'immunité à Poutine? De toute manière, le Conseil fédéral devra se prononcer sur cette question sur proposition et avis de Jans, à condition que les deux parties belligérantes reconnaissent la Suisse comme un terrain neutre.