Jeudi, devant le tribunal régional de Munich, le satiriste Jan Böhmermann affrontera le policier fédéral et syndicaliste Manuel Ostermann. L’audience est prévue parce qu’Ostermann poursuit la ZDF en justice: ilime qu’il a été diffamé par une émission de « ZDF Magazin Royale ». Comme le rapporte la Welt, la plainte affirme qu’Ostermann est « réduit à une caricature physico‑intellectuelle d’un policier problématique aux convictions d’extrême droite et en même temps associé au vocabulaire nazi ».
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Dans l’émission du 28 mars 2025, Böhmermann s’était notamment moqué d’Ostermann en le qualifiant de « maître de race en Skoda », de « sac de frappe aux trois quarts rempli avec coupe Blitzkrieg » et de « Michel auto‑radicalisé ». Pour Ostermann, il ne s’agit pas d’une exagération admissible, mais d’une dénigration ciblée. Il exige que plusieurs passages ne puissent plus être diffusés.
Le conflit touche également à la politique migratoire allemande. L’émission portait sur le programme fédéral d’accueil des Afghans après la prise de pouvoir des talibans. Böhmermann avait demandé: « Un instant, est‑ce que ma police fédérale laisse sciemment des Afghans avec des papiers présumés défectueux monter à bord d’un avion à destination de l’Allemagne et […] ne prévient qu’une fois l’avion déjà posé en Allemagne? ». Ostermann y voit l’allégation d’un sabotage délibéré.
La police fédérale rejette cette accusation. En interne, elle a précisé que ses agents à l’étranger n’agissent qu’à titre consultatif et que les décisions de visa relèvent exclusivement du ministère des Affaires étrangères. Des documents falsifiés lors de deux vols en provenance d’Islamabad en janvier 2024 n’auraient été découverts qu’à l’entrée sur le territoire allemand.
Le tribunal devra désormais déterminer jeudi où se situe la frontière entre satire et accusation vérifiable.