L'Union et le SPD n'ont pas pu s'accorder sur une ligne commune en matière de politique migratoire lors des négociations de coalition en cours. Particulièrement controversés, les refoulements aux frontières allemandes ainsi que le droit de séjour pour les demandeurs d'asile déboutés. Cela ressort d'un document de négociation interne du groupe de travail Intérieur et Justice, rapporté par le journal Bild.
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Bien que les deux parties se soient accordées sur la nécessité d'accroître les expulsions - y compris les rapatriements vers l'Afghanistan et la Syrie pour les criminels et les personnes considérées comme dangereuses -, le consensus minimal reste fragile sur d'autres points clés. Par exemple, la formulation sur les refoulements aux frontières en « coopération avec nos voisins européens » est délibérément vague. Tandis que le SPD veut donner à cette coopération un caractère substantiel, l'Union considère qu'une communication informative suffit.
Une divergence apparaît également dans les règles d'expulsion : bien qu'une expulsion de principe soit envisagée en cas de délits graves, les avis divergent sur la définition de la gravité. Le SPD souhaite restreindre la définition des délits au terme « significatifs », tandis que l'Union veut l'étendre - notamment aux manifestations pouvant être interprétées comme des discours de haine.
Un point particulièrement sensible est le droit de séjour opportun. Le SPD veut le prolonger pour donner une perspective aux personnes bien intégrées bénéficiant d'un sursis. L'Union, en revanche, demande son extinction, ce qui constitue une rupture claire dans la ligne politique migratoire.
La décision sur les points litigieux revient désormais aux chefs de parti de la CDU, de la CSU et du SPD – un échec des pourparlers de coalition n'est pas exclu.