Le conseiller d'État argovien de l'UDC et directeur de l'asile, Jean-Pierre Gallati, a demandé au Conseil fédéral de restructurer radicalement l'aide au développement suisse. Dans une interview avec l'Aargauer Zeitung, Gallati exige: « Pas un centime d'aide au développement à un pays qui ne reprend pas immédiatement les réfugiés. »
© KEYSTONE / ANDREAS BECKER
Contexte: Le nombre de personnes dans le système d'asile argovien a quadruplé pour atteindre 9 661. La Suisse est confrontée à un « état exceptionnel » qui nécessite des mesures exceptionnelles. Outre des procédures plus efficaces et un retour systématique des demandeurs d'asile déboutés, Gallati exige en particulier l'application de l'article 55 de la loi sur l'asile. Celui-ci permet au Conseil fédéral de restreindre l'immigration en situation exceptionnelle.
La demande de Gallati de lier les accords de réadmission et l'aide au développement a jusqu'à présent été rejetée par le Conseil fédéral. Une telle menace pourrait, selon ce dernier dans une réponse antérieure à une initiative du chef du groupe parlementaire de l'UDC Thomas Aeschi, « être perçue comme une ingérence dans la souveraineté nationale » et bloquer le dialogue. Au lieu de cela, on mise sur des projets visant à combattre les causes de la fuite.
Gallati demande également de rejeter systématiquement les demandes d'asile provenant de certaines régions, comme la Syrie ou les États nord-africains. En pratique, les chances d'asile pour les Nord-africains sont de toute façon extrêmement faibles. Le ministre de l'Asile, Beat Jans, a récemment introduit ce que l'on appelle des procédures de 24 heures pour les demandeurs d'asile de cette région, qui prennent toutefois en moyenne 22 jours selon le Secrétariat d'État aux migrations.
« Si ça plante, alors c'est comme ça », avait déjà déclaré Gallati. Il poursuit maintenant: Le système est à bout de souffle, et sans revirement politique, la confiance de la population risque d'être perdue.