La grande indignation des médias concernant les accusations portées à l'encontre du fondateur du WEF, Klaus Schwab et de son épouse Hilde, est marquante. On les accuse d'avoir réservé des voyages de luxe, des massages dans des chambres d'hôtel et des rendez-vous fictifs aux frais du Forum économique mondial. Mais par qui ?
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Oui, c'est justement là le problème, le public ne le sait pas. Déjà, il y a des mois, des employés auraient écrit pour se plaindre des conditions de travail au siège du WEF à Genève. On parlait d'un lieu de travail toxique. Ces derniers jours, une nouvelle lettre anonyme avec de nouvelles accusations serait arrivée.
Bien que les Schwab contestent les allégations en justice, le 'mainstream' les a presque déjà déclarés coupables, même si tous les faits ne sont pas encore sur la table. Les mêmes médias, Tages-Anzeiger, Blick et ainsi de suite, qui ont pendant des décennies encensé et courtisé Schwab, démantèlent maintenant presque avec plaisir l'image du fondateur du WEF.
Oui, Klaus Schwab a fait une erreur, il a probablement raté son départ. Le WEF est son bébé, qu'il a chéri et soutenu. Et comme beaucoup de parents, il a du mal à lâcher prise. C'est pourquoi son œuvre de vie lui est maintenant arrachée des mains. C'est sa tragédie personnelle.
Toute l'histoire rappelle un peu la démission de l'ancien président de la FIFA, Sepp Blatter. Lui aussi a été couvert de boue. La presse mondiale entière s'en est prise au Valaisan. Et qu'est-il resté à la fin de toutes ces accusations ? Les tribunaux ont acquitté Blatter.
Le même théâtre de marionnettes est maintenant orchestré contre le patron du WEF, probablement parce qu'il voulait continuer à gouverner comme Blatter.
Quand quelqu'un comme Klaus Schwab et sa femme ont dirigé pendant si longtemps un tel paquebot comme le WEF à travers des temps orageux, il est facile de trouver quelques erreurs sur lesquelles on peut les épingler. Celles-ci sont, comparées à ce que le WEF a apporté à la Suisse, des peanuts.
Schwab a réuni des top shots de l'économie et de la politique et le Conseil fédéral avec le monde. Le WEF est un défilé des beaux et des riches, parfois aussi un peu carnaval, et un formidable business pour Davos.
La Weltwoche n'est pas le journal qui a célébré cet événement comme d'autres médias. Le WEF était devenu trop une fête de moralistes, où, surtout pendant la guerre en Ukraine, les indignés trinquent pour se donner du courage.
Même cette attitude de bien-pensant étalée pouvait être vraiment agaçante.
Mais ce qui arrive maintenant à Klaus Schwab et sa femme Hilde, ils ne le méritent pas.