Le chef du gouvernement polonais, Donald Tusk, a une opinion claire sur Nord Stream: le problème n'est pas la destruction du gazoduc, mais «qu'il ait été construit». La Pologne, comme les États baltes et l'Ukraine, considère depuis toujours cette connexion gazière comme une menace pour la sécurité.
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Un tribunal en Pologne a désormais confirmé cette position de manière indirecte. Bien qu'un mandat d'arrêt européen soit en place et que le Parquet fédéral allemand exige l'extradition, un suspect dans l'affaire de l'attentat ne sera pas transféré.
L'homme nommé Wolodmir Schurawljow aurait été impliqué dans la destruction, selon les autorités allemandes d'enquête. Le tribunal en Pologne n'a même pas examiné cette question. Il s'est contenté de vérifier la légalité du mandat d'arrêt - et a rendu un verdict négatif. L'ancien instructeur de plongée a été libéré.
La politique en Pologne était exceptionnellement unanime: une extradition n'est pas dans l'intérêt du pays. Bien que cela aurait respecté le droit allemand, cela aurait servi en même temps «l'injustice russe», selon le président du conseil de sécurité. En Pologne, beaucoup estiment que celui qui commet un attentat contre Nord Stream ne mérite pas la prison, mais une médaille.
Sans extradition, il sera désormais beaucoup plus difficile d'élucider l'acte. Péter Szijjártó, ministre hongrois des affaires étrangères, a écrit sur X, que la procédure était scandaleuse: «Si une infrastructure en Europe ne plaît pas, on peut la faire exploser, ainsi dit la Pologne.» Le pays accorde ainsi «la permission pour des attentats terroristes».